

Le sixième album de Lana Del Rey, Norman Fucking Rockwell !, aurait pu emprunter le nom du nouveau Tarantino : Il était une fois à Hollywood. La chanteuse à l'eye-liner sixties sait mieux que personne nous replonger dans une pop comme on en faisait en Californie, au temps des Beach Boys et des surf records. Un disque qui aurait pu sortir avant l'assassinat de Sharon Tate, quand on laissait ses maisons ouvertes et qu'on conduisait des bagnoles à toits ouvrants, les cheveux au vent. Mais si le soleil berce les ballades de Del Rey, elle ne se départit jamais de sa mélancolie, ni de sa nostalgie. Le doux-amer est devenu sa marque de fabrique, tout comme ses cheveux hollywoodiens et ses micro-shorts. Car Lana le sait : cette Amérique de starlettes et de loosers majestueux qu'elle chante si bien n'existe plus. Et Lana susurre ses refrains avec des tremolos dans la voix telle une Cat Power – sa grande amie – pour millennials. Parmi les flammes du déclin, elle s'impose en guide inespéré : “You lose your way, just take my hand”, chante-t-elle sur Marines Apartment Complex. Et évidemment, on la suit cette prêtresse au fard néon, jusqu’au festival We Love Green dont elle sera l’une des têtes d’affiche le 7 juin prochain.